Les corps las se séparent dans un basculement rapide. L'acte consommé chacun s'accapare un côté du lit. Bruits étouffés des briquets, des cigarettes qui se consument. Pas un mot, pas d'échange. Juste cette substance visqueuse qui s'étale éparse. Pierre sens le sperme se durcir sur sa jambe, formant comme des croûtes opaques. Il redoute déjà les salutations furtives, les vêtements que l'on enfile à la hâte. Et lui restera allongé de tout son long sur le lit souillé. Déjà se manifeste la sourde angoisse du vide abyssal qui l'envahira juste après. Cette sensation de chute aussi vertigineuse que brutale. Il le savait pourtant, que l'illusion d'un moment le plongerait jusqu'au fond. Il voudrait se terrer, s'oublier, se purifier. Rien à portée qui puisse soulager le mal vénéneux. Subir, Pierre devra subir. Et ce sont durant ces instants interminables qu'il observe le lien fragile qui le retient à la vie. Obsession morbide, solitude profonde, mélancolie menaçante. Lutter contre la prostration, la léthargie.
Post coïtum animal triste. La recherche de tendresse, d'attention, objectisées en pulsion. Assouvie, celle-ci offre la perspective du néant. Pierre est un survivant, il a brûlé plusieurs vies. Mais à cet instant précis le destin lui souffle à l'oreille que tout est vain.
21/06/09 - 23:39
Je suis un vieux crétin inculte et j'admire votre écriture.
Vous avez du génie.
tom2027