J'écoute : Chopin
Je regarde : Les Yeux sans visage
Je lis : Mauvignier
Je joue : Le matin exclusivement
Je mange : Pas assez
Je bois : Presque plus
Je cite : Le moins possible
Je pense : Ergo sum
Je rêve : J'ai une psy, merci. Même deux.
(mis à jour vendredi 23 octobre 2009 à 00:06)

31/10/2009

31/10/09 - 23:22

Je ne suis pas fou je vous ai dit. Il y a juste cette douleur, ce ténia, que je tente de tuer. Et la vie ne ressemble plus qu'à une gamme de piano, un amalgame d'aigus et de graves. Une étude de Chopin qui joue sur les limites congrues de notre esprit. Je vais mourir bientôt je vous ai dit. Et j'essaie de dire « au revoir » ici et là. Bien entendu, je ne suis pas doué pour dire les choses, je sais mieux les interpréter. Exercice de style, diront certains. Névrose obsessionnelle, diront d'autres. Et pourtant je suis là, au milieu du guet, à toujours hésiter. Et la Seine, pourquoi pas mon val ?
Je me tue je vous ai dit, vous êtes ivre, moi j'essaie.
Concerto ma non troppo. C'est un cri que j'étouffe, d'un geste gauche et empoté je l'étouffe. Toujours je crie seul. Et après je le dissimule, je le cache sous le tapis, coup de balai. Je le dis trop tard, je l'exprime. Mais la pensée chemine, se fraie une route verglacée. Je ne suis pas fou je vous ai dit. Les violons s'écrasent contre la réalité.
Oui, j'enfreins les limites. Insecure. Je tends la corde, je joue avec les nœuds. Dehors je ne suis jamais moi. Dedans, je vomis. Je voudrais tant trouver le sommeil, dans ma clairière me reposer. Je crains le soleil mais, pour une fois, je veux l'entendre chanter. Ici c'est obscur, ici c'est froidure. Pardonnez-moi, tous, pardon.

28/10/2009

28/10/09 - 18:43

Vous reprendrez bien un peu de Mahler ?

24/10/2009

24/10/09 - 23:48

Ce petit chemin tortueux, j'ai froid, je chemine avec peine. J'ai froid, je suis froid, glacé. Dans mes souvenirs il y a des arbres, secs et creux, plein d'arbres. On va me fusiller, bientôt, trop vite. Mes pas dans la terre glaise, les empreintes profondes. Je vais mourir sans le son de ta voix, sans effleurer ton visage. Je ne suis pas ivre, je ne suis pas fou. Le chemin et le bruit des bottes.
Tu m'as dit, un jour, tu es beau. Je ne t'ai pas cru, d'ailleurs je ne t'ai jamais cru. Et là j'ai abandonné toute illusion. C'est la fin. Je ne ressens plus rien, ça m'effraie. Crever dans la boue sans rêve.
Il est tard mon ami, je t'écris trop tard. J'ai faim, j'ai froid, je suis trempé. Je voulais dire au revoir à Maman mais elle ne peut pas entendre, pas voir. Plus de souffle pour dire, plus de force pour hurler. Je vais, inexorablement je vais.
Je lève les yeux au ciel pour détourner mon regard du charnier. Je foule les morts, innombrables, entassés, empilés. Je veux que tu saches que je suis innocent. J'ai plaidé en vain ma cause perdue, essuyé des refus, des silences. Mais le silence me tue. Le silence bureaucratique, organisé, impitoyable. Les gens se taisent et ça me tue.
Dans la rue je me promenais, je titubais. J'avalais le bitume l'estomac serré. Je rentrais, j'avais froid. C'est drôle comme on a souvent froid dans ces moments-là. Il pleuvait, je me souviens, je portais un épais manteau de laine, une écharpe colorée. On ne me regardait pas, on ne me voyait pas.
Mais là, je vais. Je dirai Maman et ce sera terminé en un rien de temps.
C'est con mais ces histoires finissent toujours mal. Je ne suis pas ivre, je t'ai dit, peut-être un peu fou. En tout cas assez pour croire. Je ne peux plus, je suis interdit.
Je chemine avec peine dans ce petit chemin boueux. Je charrie la terre sur mes semelles, parfois je tombe, toujours je me relève. Je tremble, dis, tu te souviens comme je tremble ? Dis, tu te souviens de moi ?
Je ne veux pas de sépulture, on les profane. Juste quelques myosotis, je les aimais tellement petit.
Je suis au bout du chemin, on me bande les yeux, moi je me laisse faire. Je te dis cela mais il sera trop tard. Peut-être, un jour, on se souviendra.

23/10/2009

23/10/09 - 02:22

J'ai été pris dans un guet-apens ! *

Chuis bourré.


*Merci mon petit !

22/10/2009

22/10/09 - 23:09

Ah, ma compagne ! Garce mutine de mes soirées enivrées. Ce soir je ne fume pas, je bois. Des flots d'alcool jusqu'à m'en rendre malade, jusqu'aux nausées. Je te vomis mais ne te hais point.
Compagne, je suis fatigué de ton partage. Las de tes gestes entreprenants, et cette façon unique de tapoter le bas de mes hanches. Ah, misère ! Me noyer pour t'oublier, te tuer complètement. Il est loin le temps des victoires joyeuses, des chants partisans.
Ce soir j'entends les échos fébriles des nocturnes. La clameur croissante de tes enfants qui hurlent. Tu es là à m'observer, ta présence étouffante, à épier mes moindres gestes. Mais je suis bien décidé à t'occire, à ficher ma flèche guerrière dans cette poitrine gloutonne.
C'est tout ce qui me reste, nous ne sommes pas éternels. C'est tout ce qui m'anime, nous ne nous relèverons jamais.

20/10/2009

20/10/09 - 01:18

Je suis amoureux !

YOUHOUUUUUUUUUUUUUUUU !

20/10/09 - 00:50

Les vapeurs d'alcool montent, montent. Je suis paré de peaux mortes. La douleur a creusé son sillon dans la paume de ma main. Trait pissé, trait de vie. Un trait, puis deux, puis trop.

Désemparé, sur le carreau, abandonné. Ce soir je me noie, je broie, je tisse des toiles, en biais, clair obscur. Tintoret est un gros pédé.

Caresse-moi, parle tout bas. La nuit je sue, je suis hanté, je fuis. Le passé et le reste, tout se mêle dans la tambouille, tripatouillages.

Tripatouille-moi, parle tout bas. D'étage en étage je chute. De port en port je bute. Oublie-moi. Ce ne sont pas des menaces, bonhomme. Demain je ne serai plus là. Plus là à chercher, plus là à chercher le sens, à donner.

Embrasse-moi, parle tout bas. Demain ne sera pas. Bordel, embrasse-moi !

19/10/2009

19/10/09 - 22:50

(...)

Grave ma race !

09/10/2009

09/10/09 - 23:25

Après-midi, quintet pour cordes de Schubert. L'écho lointain des rires s'estompe lentement. Il attend ce signe qui ne viendra pas, cet élan qui le jetterait dans la vie. Mais il attend, toujours, prostré dans une lancinante douleur qui ankylose le mouvement, qui fige le sentiment. J'ai le temps, il se dit, emprisonné par la prudence. Il s'embourbe dans l'indolence du confort, dans ce temps extensible à l'infini. Il creuse le lit des choses qu'on ne voit pas mais qui nous emportent inexorablement.
L'écho a disparu. Il se raidit dans son complet si bien ajusté, il esquisse un sourire emprunté. Je suis bien, là, il se dit. Ce « là » qui a le goût de la rédemption facile, d'une amertume qui avance masquée, d'un piège délicieux. Il tente de se raccrocher à l'immédiateté, aux reflets miroitants qui fixent l'instant.
Tous les jours sont des lendemains, il se dit.