J'écoute : Chopin
Je regarde : Les Yeux sans visage
Je lis : Mauvignier
Je joue : Le matin exclusivement
Je mange : Pas assez
Je bois : Presque plus
Je cite : Le moins possible
Je pense : Ergo sum
Je rêve : J'ai une psy, merci. Même deux.
(mis à jour vendredi 23 octobre 2009 à 00:06)

24/09/2006

24/09/06 - 06:45

Minuit dans une boîte hype du centre de Paris, pour le lancement d’un magazine. J’arrive en costume comme un con, ma cravate bien nouée et avec ma rectitude légendaire. Vous êtes Monsieur comment ? On me dit à l’entrée. Guest-list. C’est bon pour le Monsieur dit le type aux trois gorilles postés à l’entrée.
J’arrive trop tôt, comme toujours, il n’y a presque personne et je ne connais que le DJ et sa femme. Je me précipite au bar, vodka tonic ça faisait longtemps, puis je me cale sagement dans un coin, première cigarette dégainée. Un mec s’installe à côté de moi et m’en demande une, il me regarde avec insistance, c’en est gênant. Je me cacherais volontiers quelque part. Qu’est-ce que je fous là ?

Le monde commence à affluer et, déjà, quelques filles investissent la piste de danse. Je les observe depuis mon poste, elles sont tout droit sorties d’un magazine de mode en papier glacé. Je ne sais pas pourquoi mais je trouve ça fascinant d’observer les gens dans une boîte de nuit. Les mouvements de leurs corps quand ils dansent, les interactions dans les groupes, ce qu’ils commandent. Face à moi il y a un écriteau clignotant qui annonce « le monde est à toi », non-sens qui frise la perfection, quintessence de la branchitude abyssale. Qu’est-ce que je fous là ?

Une fois le lieu bondé je pilonne le bar, mauvais mélanges et pulsion morbide à étancher. Je discute un peu avec quelques connaissances, je suis en montée, grave. L’alcool commence à faire effet. De toute façon, la littérature ils s’en tapent et je ne sais plus quoi dire, alors je bois. Pour se déplacer il faut presque se battre tellement il y a de monde, marcher en crabe, demander pardon à la seconde, je déteste, j’étouffe. La nausée se réveille, elle naît dans le creux de mon corps. La tête qui tourne. Je pose mon verre et je pars. Qu’est-ce que je fous là ?

Dehors je revis un peu, en titubant je vais jusqu’au trottoir d’en face pour héler un taxi, tous pris. Vivent les vendredis soirs. Un seul s’arrête mais il attend une dame, nous discutons un peu. Je suis très labile, il m’indique un bar, « la Douceur » où prendre un verre pour patienter, à deux pas. Il m’y emmène et me présente au type devant la porte, là aussi ne rentre pas qui veut. Il me fait comprendre qu’il s’agit d’un bar à putes et me fait rentrer. Une jeune femme au bar dont le décolleté est si plongeant qu’on en devinerait presque le nombril de son ventre m’invite à m’asseoir au bar. Je suis là pour vous elle me dit, elle s’appelle Juliette. Je commande une bière. Il n’y a que des hommes qui portent des alliances entourées de femmes tristes. J’ai envie de parler et de boire. La nausée reprend, je me casse. Vous partez déjà Monsieur ? Qu’est-ce que je fous là ?

Je rentre à pieds en traversant le Louvre, ivre du monde que je vis.

22/09/2006

21/09/2006

21/09/06 - 08:37




Zakhor, souviens-toi. C’est ce qui est inscrit près du Mur des noms. Il m’aura fallu longtemps pour me décider à venir. Matérialisation de l’idée, des noms, distorsion du temps aussi. Après avoir trouvé les miens je me suis assis un moment sur le banc de pierre blanche, la tête entre mes mains. Les yeux humides, les membres engourdis. Puis je me suis traîné jusqu’à l’intérieur du mémorial où une jeune femme m’a proposé son aide, elle m’a pris le bras et donné un mouchoir. Contact humain, besoin de chaleur. Je suis reparti avec les fiches de déportation de Mayer et Isaac Z.
Mayer Z., convoi numéro 23 au départ de Drancy le 24 août 1942 pour Auschwitz.
Isaac Z., convoi numéro 73 au départ de Drancy le 15 mai 1944 pour Kaunas/Raval.
Pour les autres je reviendrai quand j’aurai plus de force.
Zakhor !

20/09/2006

20/09/06 - 10:20

Matin blême et solitaire. Bol de Cruesli au chocolat, la flemme de préparer du café. Huit heures vingt affichées en bas à droite de l’écran, je n’ai pas de réveil. Peu de sommeil, comme d’habitude. Hier je me suis allongé pour la première fois dans le cabinet de Josette, on va l’appeler comme ça. Quasi monologue âpre et dérangeant. Je parle face à une fenêtre qui donne dans une petite cour fleurie. Je parle à une fenêtre. Josette insiste la où ça fait mal, je l’entends souligner des phrases sur ses notes. On remue la merde, on la pétrit, on la met à nu.
Huit quarante cinq, je musarde mais il n’est pas là. Le vide sans lui, j’attends des éternités.

18/09/2006

18/09/06 - 00:29

"Etreinte d’un mot, interprétation, désir. Naissance de la frustration, sublimation. Merveilleuse sublimation du mot. "

17/09/2006

17/09/06 - 16:17

Un matin grand-mère m’a réveillé, visage fermé, yeux gonflés. Elle m’a dit qu’elle n’était plus là. Qu’on l’avait retrouvée allongée dans sa salle de bain les veines taillées. Et c’est tout, grand-mère a regagné le salon. Je me suis assis sur le rebord du lit, je n’ai pas pleuré. Longue attente à ressasser cette image des veines taillées, à l’imaginer nue baignant dans son sang. Ses si beaux cheveux blonds salis par la coagulation. Son regard vide et ses lèvres fermées. Je l’avais perdu deux fois. Fini. Culpabilité rongeante qui monte aux joues, pourquoi n’avais-je rien fait ? Coupable. Elle s’appelait Clémence, nous avions dix sept ans.

Aujourd’hui une amie m’appelle pour me dire que quelqu’un s’est pendu. Je ne connais pas ce quelqu’un. Une fois le téléphone raccroché je fonds en larmes. Malaise et nausées, le cœur qui s’emballe, je ne comprends pas…
Dans quelques jours cela fera neuf ans.

16/09/2006

16/09/06 - 22:58

Au milieu de nulle part, quand on regarde quelque chose, on sent le souffle de la petite mort nous chatouiller la nuque. Chuchotements et sensation d’être observé, on attend.
Envie de boire, importance de l’envie. Je suis alcoolique, au milieu de nulle part. Et je regarde la frange entre la réalité et les rêves. Sur un fil je danse, entre troubles et répits. Désarroi des aveux, solitude. Besoin d’être entendu. Désorganisation de la pensée, psyché déstructurée. Fantasme d’apaisement. Questionnement, peut-on vivre totalement libre ? Le dépouillement total du questionnement est-il vivable ? D’accord il y a Spinoza, mais nous ? Moi ?
Il pleut à grosses gouttes, gens pressés. Rue du Cherche Midi je pense à lui. Je suis habité, hanté par son spectre. Je prends une bière au « bar des amis », temps qui passe. Je griffonne en vain sur mon carnet, mais tant pis.
Quelque part je pense à quelqu’un et un souffle de vie me parcourt l’échine.

13/09/2006

13/09/06 - 00:21

« J’ai tout foiré. Bière, cigarette et Bach »
Espace désert de banlieue
Il n’y a pas d’interlude dans les vraies confessions
Train de banlieue
Points de suspension
Ponts suspendus
Je te le dirai, un jour, mieux
Sur des rails infinis
Ce qui me fait trembler
Fantômes transportés
A chaque fois mon ventre lacéré
Métro, boulot, dodo
Et la crainte de briser je ne sais quoi
Surfaces commerciales étendues
Et la peur s’immiscer en moi
Aux parkings interminables
De passer une vie à attendre
Et des fast-foods qui ouvrent tard
A me taire, terré
Ouverts de partout, remplis à ras bords
Alors c’est moi qui souligne
Les fenêtres des grands immeubles qui s’illuminent
Pour cette fois, à un détour près
Gens qui mangent devant le JT
Que tu me manques

09/09/2006

09/09/06 - 23:51

Le café. Brouhaha et sons dans la tête. Des voix géographiquement loin qui sont toutes proches, presque murmurées à l’oreille. Ca fait mal et peur.
Les pensées qui défilent, pas de prise. Des images en grand, d’un seul coup. Le silence qui tenaille la gorge, emmuré en soi. Mouvements tout autour, partout des mouvements.
Un verre, encore un verre. Je m’en fous, c’est comme ça.
La vie en travellings rapides et zooms de cinéma.
Un sourire esquissé, on se calme. Leur musique c’est de la merde mais on se calme. Pleurer, rire et crier à la fois, voilà ce qu’il faudrait.
De la colère, tellement, pourquoi ?
Et si on parlait ?

09/09/06 - 15:02

"La haine accuse sans savoir. La haine juge sans entendre. La haine condamne au gré de son désir. Elle ne respecte rien, elle croit faire face à quelque universel complot. En bout de course, cuirassée dans son ressentiment, elle tranche de tout par un arbitraire et souverain coup de dent. Je hais donc je suis."

André Glucksmann, "Le Discours de la haine."

09/09/06 - 14:14

Les citations du Président Mao...



"C'est à travers les difficultés et les vicissitudes que grandit le nouveau. Ce serait une pure illusion de croire que sur la voie du socialisme on peut éviter les difficultés et les détours, qu'on peut se passer de faire le maximum d'efforts, qu'il suffit de se laisser pousser par le vent et que le succès vient facilement."

08/09/2006

07/09/2006

07/09/06 - 14:51

ChoupinouxChoupinettesAttitude



A consommer de préférence avant 2007.

07/09/06 - 12:59

Exclusivité !!!



Margaret Thatcher est vivante.

07/09/06 - 12:50

Vagabondage

Marie s’ennuie, d’un insondable ennui. Métro gris et démarche plate, zigzagues entre les gens. Pas de direction, un seul but : marcher. Entraves à la pensée, fuite des idées, plus de plaisir à regarder. On n’attend pas, on passe. Marie s’ennuie, elle marche. Appauvrissement des décors et ces affiches publicitaires qui dégueulent leurs messages, et ces murs tout ruisselants d’eau sale. Plus de lecture dans les cafés, plus de cinéma. Plus d’envie. Et ce ciel qui lui tombe sur la tête, si chargé de nuages, si menaçant, terni par la pluie. Ou encore les paroles des amis qui n’ont plus de sens, les conversations qui défilent sans arrêt, une passivité impérieuse qui s’est emparée d’elle. Marie s’ennuie. Plus la force d’un appel au secours, plus de nécessité. Un absolu qui se vide et l’horizon qui se recroqueville. On s’enivre juste assez pour ne plus voir le temps couler. Marie marche.

Les cendriers pleins, la cendre à la cendre, teint neutre et cheveux en bataille devant la télévision éteinte. Coups de reins pour rien, colères blanches ; tout passe. Parfois on crie mais c’est creux, faites « ah », station assise et longue attente. Interminables chemins, improbables lieux où pendent des persiennes qui cachent des choses. Emerveillement violé, Marie s’ennuie. Et ces mots qui reviennent en raclant l’intérieur du crâne, lignes de fuite. Des douleurs, partout des douleurs, un flou engourdissant qui l’enveloppe. La tête qui se transforme en nasse. C’est la fin, des haricots c’est la fin. Elle se dit : « cendre, cendre ». Tout est mobile, volatil, impalpable. Marie dissoute et éparpillée par le vent. Mille morceaux de Marie coupés les uns des autres. Marie portée disparue.

C’est terrible et banal l’ennui, anonyme. Il y fait sec et froid, et on y croise des ombres familières. Alors pourquoi tout ce ramdam dans sa pauvre tête ? Qu’on en finisse une bonne fois pour toute. Ah c’est tellement mieux d’être extraordinaire, spécial ! Mais non, Marie s’ennuie, elle marche. Pas de bruit, pas feutrés. Se faufiler à tout prix dans le tourbillon de la vie et poser son oreille contre le sol pour entendre, rien. Sueurs et tremblements, feuille d’automne, Marie marche. Les regards qui la croisent glissent, comme un chat joue avant son repas, sans l’air d’y toucher. Des bouches qui s’embrassent ça et là et des rires qui éclatent, tout près. Il faut traverser, le guet à franchir, pour passer.

Des cafés remplis, on ne boit pas assez tant que ce n’est pas trop, Marie commande. Dépressions sauvages à l’ombre d’un réverbère, insultes fades. Ca sent la vinasse, du Bacchus raté, des couilles et peu d’esprit. Des flics veillent au coin d’une rue huppée, pardon, des agents de la force publique. Sarko plane, ainsi les bonnes gens sont bien gardées. Marie marche, comme elle s’ennuie… artères animées charriants leur lot de badauds braillards, lumières scintillantes sur la Tour Eiffel, Paris by night. Péniches de pauvres ères qui passent sous des ponts où couchent des gens, et des rats. Au loin passe un homme, il est lent comme un cargo sur la mer. Il parle seul tapis dans l’ombre, Marie s’arrête pour l’observer, il pleure.

Grandes surfaces béantes, mollets douloureux, Marie marche à travers les papiers gras et les petits étrons de chiens. C’est aussi ça la Ville lumière, de la merde au sol. Et ces travaux qui n’en finissent jamais, pour embellir quoi ? On recouvre les immeubles d’échafaudages métalliques, on gratte les portes cochères, on creuse. On achète, on vend, on loue, on squatte, on se débrouille. C’est comme ça. Tout ce monde qui frétille derrière les façades, ces mystères plus vraiment vierges qu’on titille délicatement pour ne pas les briser. C’est sauvage un mystère, gaffe ! Marie, elle, marche au milieu des immeubles qui se gondolent.

07/09/06 - 12:30

Mais euh...

Je ne comprends plus rien aux fonctionnalités de GA, je me fais vieux.
Comment organise t-on ses blocs permanents ? Pourquoi les miens sont-ils si étroits et à droite ?

Help me, please...

06/09/2006

06/09/06 - 19:10

GnagnagnaAttitude

La propension de certains à ne pas supporter un jugement moral est assez étonnante.
Oui la morale ça existe, non ce n'est pas sale. On ne tue pas, on ne baise pas sa mère ou un enfant impunément.
Avoir de la morale ne fait pas le lit du fascisme (à propos, avez-vous perdu le sens de ce mot ?), marre du "fopajuger" d'une vacuité abyssale, des amalgames douteux entre des principes et de tristes personnages. Soyez responsables.

03/09/2006

03/09/06 - 18:40



18 heures, entre angélus et klaxons il y a la soif qui se réveille. Sortir de la léthargie et mettre le corps en mouvement. Et ces tremblements, gestes subversifs, qui reviennent. Et ces gens qui montent l’escalier, des intrus. Il y a donc une vie, et même une lumière qui pénètre des lieux. Fenêtre ouverte en grand.
18 heures, un dimanche, l’heure de rien, l’air de rien. Jeter des choses, faire le tri. Activité. Mais la soif est là. Alors on lit des mots qui s’envolent, on pleure aussi, un peu. Attente.
On a chaud, on se douche, longues minutes passées sous l’eau.
18 heures, un dimanche, entre angélus et klaxons on attend, demain.

03/09/06 - 15:08

Souvenez-vous...



Robert Hue s'est reconverti.